Que deviens-tu Bertrand Vially ?

Ancien joueur du Clermont Foot 63, Bertrand Vially est désormais un professeur d’EPS du côté de Cusset, où il dirige notamment la section foot. Portrait !

Bonjour Bertrand ! Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Bertrand Vially, j’ai 40 ans, je suis professeur d’EPS et père de famille. J’ai joué à Riom jusqu’à mes 15 ans et je suis parti à l’ASM pour évoluer à un niveau national. Je combinais mes études de STAPS et mes années foot à l’ASM, mais la section football du club allait arrêter les seniors. Je voulais stopper le foot…mais un coup du sort m’a fait changer d’avis ! Coup de fil du Clermont Foot qui voulait que j’intègre le groupe national. Je suis donc parti jouer là-bas en 2001 sous les ordres d’Hubert Velud.

Et voilà le début de votre carrière au Clermont Foot !

Oui ! J’étais enseignant stagiaire en parallèle. J’ai pris une année sabbatique pour tenter le coup à fond à Clermont. C’est une vie particulière l’univers sportif pro. Tout le monde vit foot, j’étais dans mon cocon ! J’avais toujours eu l’habitude d’aller en cours, de m’occuper. Là c’est console, repos, temps morts et entraînements. Tu t’entraines le matin, ensuite tu fais la sieste et entre temps et bah Playstation (Rire) !

C’était assez monotone ! Mais ça n’enlève rien à ce que j’ai vécu.

A quel poste jouiez-vous ?

Je jouais défenseur central ou milieu défensif ça dépendait.

Votre plus beau souvenir avec le Clermont Foot ?

C’est le titre de champion de National sans hésiter ! C’était vraiment magnifique. On était déjà champion avant le dernier match mais on est parti fêter ça place de jaune avec le public. C’était quelque chose !

Pourquoi avoir arrêté ensuite ?

J’ai finalement décidé de prendre mon poste de prof. Je ne savais pas si j’allais être reconduit par le Clermont Foot est je ne voulais pas passer une année à rien faire. Je suis parti à Bourges pour un poste de prof d’EPS. L’adaptation a été compliquée, je quittais le monde du foot pro, j’étais confronté directement à des enfants, ma compagne était restée à Clermont, je changeais complètement d’univers !

Et puis vous avez atterri dans un club non loin de Clermont…

Quand tu arrêtes d’être professionnel tu n’as pas le droit de signer dans un club régional sauf s’il te propose un contrat. Tu ne peux pas signer où tu veux hormis si c’est une petite structure. Mozac m’a contacté. Je connaissais très bien le coach et les copains du lycée qui jouaient là-bas. J’ai joué pendant 3 ans on est quand même monté jusqu’en DH ! Il y avait de sacrés joueurs ! Beaucoup d’anciens du Clermont Foot jouaient avec nous. Ça reste tout de même compliqué de garder les gars, le budget des petits clubs ne grimpent pas bien au contraire. On est redescendu.

Qu’avez-vous fait après ?

J’ai passé mes diplômes d’entraîneurs et j’ai pris les commandes de l’équipe 1. Mais je devais faire un nouveau choix et j’avais besoin de prendre du recul et de me recentrer sur ma vie de famille.

Vous êtes pourtant plus que jamais encore investi dans la formation aujourd’hui ?

A un moment ça me démangeait quand même ! Je souhaitais reprendre dans un club familial pour m’occuper des jeunes. Je voulais transmettre ma vision du foot. On a de supers éducateurs. Mozac avaient fait le tri, ils avaient mis de côté les anciens et laisser la place à des jeunes à l’image de Jéremy Antonio qui ne demandait que ça ! On en a d’autres qui ont fait un bout de route avec nous et qui se sont émancipés. Adrien Givernaud parti à Moulin Yzeure, Yvan Charvillat qui est coach des filles au Clermont Foot…

En tant qu’éducateur, quel regard portez-vous sur la formation ?

Je ne mets pas l’accent sur le travail physique. Le plaisir de jouer c’est le plus important. Ça passe par des phases tactiques, jeux de ballons…Il faut arriver à garder nos joueurs c’est ça qui compte !

Vous êtes aujourd’hui professeur au lycée Albert Londres à Cusset (03) et vous êtes responsable de la section sportive football.

Oui j’ai en effet des heures consacrées à la section. Il y a une cinquantaine de sections en France qui fonctionnent sur le même principe. Notre secteur est plutôt Puy-de-Dôme Allier, Loire et Saône et Loire.

Le vivier de joueur est important ?

On a des jeunes qui ont un niveau régional (Régional 1, Régional 2). En termes de quantité c’est très variable, il y a une trentaine de demande et seulement dix sont pris. J’ai un joueur qui est international Futsal U20 champion de France UNSS 2014, Yanis Benbekhti. Aujourd’hui il a arrêté le futsal pour se consacrer au football il joue à Chypre. Entre temps, il est passé par Orléans en U19 National il est revenu jouer à Vichy et à travailler en tant qu’éducateur avec moi. J’ai travaillé avec plusieurs anciens jeunes que j’ai eu. Ça créé des liens forts. Beaucoup d’éducateurs de Mozac sont passés par la section. J’aime bosser avec de bonnes personnes.

C’est quoi votre plus beau souvenir ?

Le titre de champion de France UNSS futsal ! Il y a toujours un facteur chance dans les grandes compétitions qui font que tu passes ou non et cette année-là, la réussite est enfin de notre côté. C’est des supers souvenirs. On vit ensemble, on gagne ensemble.

Qu’attendez-vous des jeunes de la section ?

Je veux des jeunes motivés, qui ne rechignent pas à l’entrainement et peu importe les conditions climatiques ! On met en place des concours d’entrées avec des tests plus une étude poussée des dossiers scolaires. C’est indispensable en section sportive, on doit être capable de montrer l’exemple. Il faut qu’ils prennent conscience qu’ils accéderont difficilement à un niveau professionnel, mais s’ils ont leur bac, et qu’ils sont bons au foot, ils trouveront facilement un club qui leur permettra d’évoluer en régional avec un travail à coter. A eux de mettre les ingrédients pour réussir.

Revenons à Mozac, Que manque-t-il pour passer un cap ?

Une infrastructure digne de ce nom. Les conditions d’entraînements sont compliquées. On ne peut plus accueillir on a trop de monde pour le moment. Il n’y a pas les financements pour refaire les terrains, le centre d’entraînement. La mairie est pleine de bonne volonté mais en manque d’argent.

Il faudrait un mécène, un « qatari » peut-être ! C’est un club qui vit tout de même très bien. On essaye d’aider les éducateurs comme on peut avec nos propres moyens.

Bureau Vallée

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