Yannick Bourseaux : Le porte-étendard de l’Allier

Le département compte dans ses rangs quelques sportifs d’exceptions, mais bien peu possèdent une vitrine aussi bien remplie que Yannick Bourseaux (4 fois champion du monde de paratriathlon entre autres). À 44 ans, le champion bourbonnais s’est fixé un dernier objectif, les Jeux Paralympiques de Tokyo.

Vous ramenez beaucoup de titres à votre département, est-ce une fierté pour vous ?

Je suis très attaché à l’Allier, je suis né à Montluçon, je suis toujours resté chez moi depuis que je suis né. J’ai commencé le sport ici, avec l’aide de mon club le Montluçon Athlétisme, j’ai pu grandir progresser, c’est grâce à ma région que j’ai pu avoir des résultats aussi. J’ai été champion du monde, j’ai participé aux Jeux paralympique, c’est un rêve. Je ne suis pas le seul tout de même, je pense à de grands sportifs comme Quentin Aubague ou Julian Alaphilippe …. Je pense que pour nous tous, c’est une fierté de représenter d’où on vient.
Je suis quelqu’un qui a besoin de stabilité et je l’ai toujours trouvé ici, je suis dans des conditions sereines, je ne quitterai jamais l’Allier.

Comment se déroule votre saison 2018-2019 ?

Cette saison est très importante, elle est celle de la période de qualification pour les jeux paralympiques de Tokyo. Je me suis beaucoup entraîné cet hiver, j’ai pu faire mon premier triathlon à Abu-Dhabi, faire une répétition en condition de course, lancer la machine. Ça se présente bien, je voulais progresser en natation, consolider cette partie par rapport aux derniers championnats du monde en Australie. Samedi, j’ai pu voir que j’avais progressé en natation, et c’était de bonne augure pour la suite. Après, sur le vélo, c’est mon point fort, je ne voulais pas le perdre, j’ai beaucoup mis l’accent dessus. J’ai fait une course intéressante sur la partie vélo ce samedi, c’est encourageant. Sur les courses à pied en ce moment, j’étais handicapé par rapport à mon talon d’Achille, j’espère que cette blessure ne va pas me gêner trop longtemps. J’ai remporté mon paratriathlon de reprise le week-end dernier à Dubai. Gagner, c’est important, mais pour être honnête, il n’y avait pas beaucoup d’adversité, je termine 4ème avec les valides. C’est positif tout de même, ça me fait penser que je suis sur la bonne voie.

Par quel chemin allez-vous devoir passer pour aller aux Jeux ?

Au triathlon ce n’est pas un ticket au temps, c’est un sport qui se gagne à la place. La première course importante, c’est le 27 avril à Milan, le 18 mai à Yokohama, globalement les trois courses World Paratriathlon Series d’une saison. Des courses plus côtés que des coupes du Monde il y en a trois dans l’année, les deux précédentes et la dernière à Montréal à la fin du mois de juin. Celle de Montréal sera la première qualificative pour les prochains jeux. Avec ensuite les résultats entre la fin du mois de juin 2019 et la fin juin 2020. Dans cette période, il y aura des moments importants. Le championnat du monde à Lausanne en septembre, le championnat d’Europe à Valencia en Espagne le 14 septembre, puis les trois World Series comme cette saison. Les 9 premiers en fonction de ces résultats seront qualifiés pour les Jeux paralympique. Plus une wild-card a distribué.

Ce serait une déception immense de ne pas être aux Jeux pour moi. Mon objectif, c’est une médaille à Tokyo, si je n’y suis pas du tout, ce sera donc une grande désillusion. Ce seront sûrement mes derniers paralympiques, je veux finir en beauté, dans mon palmarès j’ai pas mal de choses, mais pas de médaille paralympique, j’en veux une, je veux me battre pour décrocher une médaille. Des jeunes arrivent et je me fais vieux, mais je veux me battre.

L’étape World Séries du 18 mai sera donc particulière à Yokohama ?

C’est sûr, elle ne comptera pas encore dans les points pour la qualification, comme le décompte début en juin 2019, mais je vais en profiter pour aller faire du repérage. Je vais y aller suffisamment longtemps à l’avance pour visiter un camp d’entraînement qui sera potentiellement le mien en 2020. Il faut dire que cette étape tombe bien, il y a un test-event organisé le 18 août à Tokyo, mais je n’y participerais pas, c’est à seulement 15 jours des Championnats du Monde et je serai concentré sur cet objectif. Alors il va falloir profiter de Yokohama pour bien préparer la suite. Les Jeux, c’est à part, j’ai vu le projet du CREPS Vichy, ça me fait rêver. Ils ont clairement annoncé la couleur pour le sport paralympique, c’est une bonne chose, une nouvelle génération va sortir, alors promis, je vais à Tokyo et je laisse ma place (rires).

Crédit photo : ITU

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