Yanick Gondoux, Bourbonnais d’origine, collectionneur et amoureux de la petite reine

S’il existe des passionnés de cyclisme, des amoureux de l’histoire du vélo, Yanick Gondoux, 61 ans, en fait partie sans aucune contestation ! Il a traversé des générations de coureurs. Il a une collection de rêve, et a assisté à un maximum de courses. Nous en voulons pour preuve, sa présence à quatre Championnats du Monde avec son papa quand il était enfant, dans les années 60 et 70. Il a côtoyé les plus grands, et continue encore aujourd’hui.

Comment devient-on passionné de cyclisme ?

Mon père était fan du Tour de France. Dans son salon de coiffure, situé dans cette belle petite commune de Le Veurdre, proche de Moulins, il affichait l’étape et inscrivait le vainqueur du jour. Il m’ a transmis sa passion. La porte était tout le temps ouverte, les gens communiquaient beaucoup à l’époque. Maman, était correspondante à La Montagne, elle y est restée d’ailleurs jusqu’à l’âge de 85 ans ! Le sport était le fil conducteur dans la famille.

Quelle collection avez-vous ? Racontez-nous.

J’ai fait de belles rencontres, notamment Jean-Claude Cluis de Riom. C’est une figure du vélo, il a été manager de Merckx, Hinault, Lemond, etc… Je l’ai rencontré sur un Tour d’Auvergne, il m’a donné un sac avec pas moins de soixante maillots de grands champions. Le milieu des collectionneurs est assez fermé. La France et la Belgique sont mes principaux pourvoyeurs. On se tient au courant entre nous, des différents maillots sur le marché. Souvent, des coureurs m’ont donné leur maillot au sein de critériums.

Que pensez-vous du cyclisme français actuel ?

Julian Alaphilippe, avec son titre de champion du monde, est l’arbre qui cache la forêt. Je pense qu’il y a un problème de formation dans les clubs et un également de culture. Il suffit de compter les vraies écoles de cyclisme dans notre région, elles sont réduites, et à mon sens obsolètes dans leur projet pédagogique. Les parents ne confient plus leurs enfants de la même manière aujourd’hui qu’il y a plusieurs années. Les clubs n’ont pas les infrastructures adéquates, ce qui est préjudiciable pour attirer les jeunes vers le cyclisme. Au fond, c’est un problème de projet. De plus, le cyclisme s’est toujours contenté de peu en termes de moyens pour faire vivre les clubs, en comparaison avec d’autres disciplines. Le manque de moyens, aujourd’hui, est criant, malheureusement accentué par la crise sanitaire. Le bénévolat n’est plus en vogue, ce qui ajoute un souci de plus. Le diagnostic est fait.

Que faire ?

Il faut une mutualisation des moyens, un regroupement des structures, et une politique fédérale de soutien aux structures de base (clubs, comités départementaux). Le modèle économique est également à revoir puisqu’il est le même qu’à la fin du 20e siècle (sponsoring). Il y a un vrai travail de fond à faire, d’autant plus que la concurrence s’est agrandie, avec des nations comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Slovénie, la Slovaquie, etc… La répartition des victoires se fait différemment. Julian Alaphilippe qui sort de nulle part comme il aime à le dire, est un gagneur, il est affamé de victoires. Il en faudrait des dizaines comme lui !

Quid des Bardet, Pinot et Alaphilippe ?

Romain Bardet a été mis en avant par la presse en 2015-2016, un peu trop d’ailleurs, je pense que ça l’a desservi. Ensuite, Thibaut Pinot, à mon avis manque de mental. Il est bien physiquement, mais dès qu’il part de chez lui un peu plus longtemps, il craque souvent. Il doit progresser mentalement. Julian Alaphilippe, quant à lui, gagnera La Vuelta assez rapidement, il peut jouer la victoire sur un grand Tour, comme le Tour de France ou le Giro.

Que peut-on vous souhaiter ?

Que du bonheur ! Je travaille sur trois organisations de course, en espérant que le coronavirus nous laisse tranquille. Le 26 juin, la Michel Laurent à Bourbon-Lancy. Il y a aussi, la classique des Bourbons le 28 août. Nous venons de créer une association, Allier Cyclisme Promotion, avec une course élite Nationale le 19 septembre. Nous voulons la faire progresser pour que dans les cinq ans, elle change de catégorie.

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